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Ibidem est un collectif d'auteurs d'Eure-et-Loir pour nous contacter ibidem.kazeo.com@gmail.com Ibidem s'est construit grâce à Jean-Claude Ponçon avec Pauline Catherinot, Françoise Pinsard, Michel Breton, Gérald Massé, Marc Guillemin, Eric Chesneau, Anne Pichon, Gérard Turpin, Christophe Prat, Jean-Philippe Noblet, Patrick Cointepoix.
Françoise Pinsard est partie vers d'autres horizons Pauline Catherinot est toujours dans notre coeur mais elle est trop souvent loin de nous, selon elle.
Nous accueillons d'autres membres... plus d'infos dans quelques jours
Cela fait un an que le livre d'IBIDEM est sorti et c'est une réussite ! il ne reste plus beaucoup d'exemplaires ! Les auteurs d'IBIDEM qui participent au recueil de nouvelles sur l'enfance Michel Breton, Gérard Turpin, Eric Chesneau, Christophe Prat, Jean-Philippe Noblet, Anne Pichon, Gérald Massé, Jean-Claude Ponçon, Marc Guillemin
webmaster : Jean-Philippe Noblet En projet : un livre en commun sur les châteaux d'eau
Samedi 21 Janvier 2012Poster un commentaire
Dimanche 20 Février 20111 commentaire(s)
DES MOTS POUR LES LIRE…
Plusieurs de mes amis me reprochent de faire dans le bénévolat, dans le dévouement associatif ou pas, de jouer la bigote dévouée à dieu et à ses saints… Moi, c’est l’écrit, la lecture, le livre ma religion… Alors pourquoi pas ? En Basse Chaldée, nos ancêtres nomades se sédentarisèrent il y a quelque 6000 ans avant J.C. Pour remplacer la cueillette, la chasse et faire vivre leurs cités états, Vruk, Our, Lagash, ils furent contraints d’instaurer les règles d’une vie en société et de s’astreindre à une gestion rigoureuse : manger, boire, impliquait de vendre, d’acheter, de fabriquer, de construire. Pour éviter les malentendus de la relation verbale et garder la mémoire de leurs relations commerciales, ils dessinèrent sur des tablettes de terre cuite, les pictogrammes représentant sous forme stylisée, bêtes à cornes, esclaves, récoltes, commerçants, artisans, contrats de vente etc… inscrits à l’aide d’un stylet de roseau sur une galette d’argile mou, séchée ensuite au soleil ou dans un four… Ainsi chez les sumériens, un millénaire après l’autre, de pictogrammes en idéogrammes, le pouvoir religieux pour l’essentiel fit office de guide spirituel, mais aussi de notaire, d’expert comptable et de professeur (on a retrouvé des tablettes où le maître inscrivait le modèle d’un côté et l’élève le copiait sur l’autre face). À l’époque Néo-Assyrienne, 7 siècles avant Jésus-Christ, apparut l’ancêtre de notre alphabet grâce à une astuce extraordinaire et simple. Il avait suffi de traduire les pictogrammes sous forme de rébus phonétiques. C’est ainsi que de nos jours, nous aurions exprimé le mot « carnet » par le dessin d’un car et d’un nez ! Un perfectionnement après l’autre, cet alphabet complexe se simplifia rendant sa lecture et son utilisation plus facile. La transmission du savoir, scientifique, philosophique, politique, resta jusqu’à nos jours l’apanage d’une élite : savoir écrire, lire et comprendre assura à une Nomenklatura une forme de pouvoir considérable, presque exorbitant, mais cette supériorité permit quand même tous les développements que nous connaissons aujourd’hui. L’écriture reste la seule forme de transmission de la pensée capable de se décrire elle-même (la musique ne le peut pas). On peut considérer que la seconde moitié du vingtième siècle a donné au monde, grâce à la lecture, l’accès à toutes les formes de savoir, donc l’accès à la liberté intellectuelle. Depuis une vingtaine d’années, j’ai vu cette liberté, ce pouvoir donné au plus grand nombre, se corroder, se pervertir. Ma vie professionnelle m’avait amené, dans les années 80 et 90, à enseigner l’art difficile de la synthèse à des jeunes gens de niveau bac +. Je me suis alors aperçu avec étonnement que la moitié d’entre eux ne savaient pas lire. Je précise, ne savaient pas lire couramment et comprendre, ils ânonnaient ou presque un pénible mot à mot. Dans ces conditions, passer une épreuve de synthèse de 4 ou 5 heures, véritable création issue de textes quelquefois complexes, équivalait à trouver une solution à la quadrature du cercle ! Ce constat m’a amené à observer de plus près ce phénomène d’appauvrissement culturel. J’ai depuis eu l’occasion d’intervenir dans des classes, allant du CM1 à la première, pour y parler le plus souvent du métier d’écrivain, du livre ou des différentes formes littéraires. J’y ai constaté la même paupérisation de l’orthographe et du vocabulaire. Mieux encore, il m’est arrivé lors de séances de dédicaces que le « client » me demande de lui rédiger le chèque qu’il devait pour ce livre qui lui était dédié. Je me demande souvent si tous mes lecteurs savent lire ! D’ailleurs est-ce nécessaire de savoir lire, de savoir écrire au milieu de cette folie de communication, dans cette succession de virtuels, dans ce monde de claviers, d’orthographe pré-mâché, de solutions sans problèmes, de problèmes sans solutions, prétextes à des successions automatiques d’images inutiles ? Pourquoi lire ? Pourquoi même savoir lire ? puisque la parole suffit à tout expliquer, Dieu se fait animateur, l’apparence source de toutes les vérités, l’oreille et l’œil enregistrent l’information pour un court passage en direction du cerveau, le titre suivant l’efface, nous nous nourrissons d’écrans[1], nous absorbons avec gloutonnerie la fuite des images et leurs cortèges d’illusoires connaissances. Pourquoi lire ? Peut-être dans l’immédiat pour déchiffrer les termes d’un contrat ? d’un règlement ? du mode d’emploi d’un médicament, d’un appareil inconnu ? mais écrire à quoi bon ? à qui ? pourquoi ? J’oubliais le clavier sur lequel on fait une réponse elliptique à une question elliptique, mais je retarde. On peut penser, avec l’aide du temps !, à un retour au « calames[2] » des sumériens, aux pictogrammes ! Pour faire court, supposons une formidable panne d’électricité, une panne mondiale demain ou après demain. Le monde se divisera alors en deux, ceux qui savent écrire et les crétins. Ceux qui écriront le contrat et qui diront, voulez-vous signer ici, monsieur, et ceux qui se feront sodomiser. Il y aura comme en Basse Chaldée, il y a 7000 ans, les prêtres porteurs du savoir, mais ces prêtres nouveaux seront ceux d’un despotisme mercantile, du pouvoir du plus petit nombre, sur le plus grand nombre, de l’apparition d’idoles nouvelles… Mais au fait, qu’est-ce que ça changera ?
Jean-Claude PONÇON
Lundi 17 Mai 2010Poster un commentaire
TIRONS LA CHASSE !
Je suis arrivé hier de Dakar, de cette Afrique où le « toubab »[1]ne boit qu’une eau embouteillée, capsulée… La belle affaire l’eau, surtout la minérale dont les amateurs oublient de lire de quel poids de sodium, de potassium, de chlorure de sulfate, de bicarbonate, elle pèse, pas toujours bon pour l’organisme, mais juteux pour Danone et compagnie, la bulle… Vous me direz, l’eau du robinet, dite potable, vient de la Seine, de l’Oise, de la Marne où les grilles des usines de production récoltent, chiens, fœtus, ordures ménagères et un nombre incalculable de préservatifs. La prévention contre le sida a considérablement augmenté la teneur en spermatozoïdes l’eau de nos fleuves et de nos rivières… J’oubliais les solvants chlorés, les hydrocarbures et autres banalités véhiculées dans notre eau courante. Pourtant, miracle, au bout du bout de la filtration sur charbon actif, après une bonne oxydation par l’ozone et un léger contact au chlore, jaillira du robinet un liquide dit buvable dont la facture servira aussi de feuille d’impôts mais cette eau-là vaudra environ mille fois moins cher que l’eau en bouteille… Bien sûr on va aussi pomper dans la nappe… Un de mes copains cultivateur m’a affirmé, l’autre jour, que maintenant l’eau « c’était plus pareil ». À l’évidence c’est plus pareil. Dans le temps on pompait quelques organismes pathogènes, des bactéries variées, surtout des fécales, maintenant c’est fini, mortes les bactéries tuées par l’abondance des nouvelles molécules de la famille des triazines (atrazine et simazine), auxquelles il faut ajouter nitrates, phosphates et autres petits bonheurs du consommateur. Tout cela s’élimine bien sûr grâce aux filières de traitements conventionnelles (+ou–50%) et autres charbons actifs et procédés d’oxydation sans oublier la nanofiltration pour arriver me dit-on à la valeur d’une tête d’épingle dans une piscine olympique… Le seul problème c’est qu’à très faible dose et pendant une longue période, personne ne peut dire si ces molécules cancérigènes restent novices puisque à ma connaissance aucune étude épidémiologique n’a été faite, car trop coûteuse ! Pourquoi un si long préambule ? Tout simplement pour tenter de montrer que cette formidable industrie de l’eau, en bouteille ou pas, ne peut que prospérer. 97,2% des 1,5 milliards de km3 d’eau sont salés et seulement 0,085% d’eau douce est immédiatement disponible. J’y ajoute 0,58% d’eau souterraine (bilan Baumgartner et Reicher) et les cours d’eau 0,001% de la masse totale ; inexorable et dramatique arithmétique de l’eau ! En étant vraiment généreux, la fourmilière humaine dispose d’environ 2% d’aqua simplex sur laquelle elle tire la chasse tous les jours et pas de solution en vue ! Si ce n’est d’autres lignes sur la facture, d’autres usines, d’autres molécules (il faut aussi manger !) et d’autres guerres peut-être. Renoir ne dirait plus « un ruisseau qui fuit dans l’herbe vaut le sourire de la Joconde ». Un peu barbouillé le sourire de la Joconde. Disparus en quelques décennies, épinoches, les vairons, les ablettes, les nénuphars, les joncs de mon enfance, juste, au fond du Loir, une mousse verdâtre. Nous ne manquerons jamais d’eau, mais quelle eau boirons-nous ? celle du Moyen-Àge ? celle de Paris jusqu’au 19ème siècle, celle de la mortalité infantile généralisée ? l’eau produit de luxe ? moi pas savoir ! Henri Michaux prophétisait que tout homme qui « croyait contempler le fleuve, contemple son propre fleuve de sang dont il est une île délicate » Nous sommes de l’eau à la naissance, un peu moins avant l’évaporation finale. De quelle évaporation serons-nous demain ?
Jean-Claude PONÇON
Lundi 17 Mai 2010Poster un commentaire
Tags associés : rendez-vous, ibidem, chartres
Jeudi 28 Janvier 2010Poster un commentaire
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